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Marius Berliet est le fils d'un fabricant de satin de la Croix-Rousse à Lyon, né en 1866. 

Orphelin à 12 ans, il n'a comme diplôme que le certificat d'études. Il se forme par des cours du soir où il développe sa passion pour le bricolage mécanique.

En 1894, il bricole son premier moteur dans un local de la propriété familiale et monte sa première voiture, qu'il surnomme la pantoufle, en 1895. 

Après un premier modèle fabriqué en 1898, il se lance dans la fabrication de nouveaux types de moteurs à deux puis quatre cylindres. Ces véhicules obtiennent une réputation favorable dans la région lyonnaise. Mais, pour passer de l'artisanat à l'industrie, Marius Berliet a besoin d'argent.
En 1906, il commence la fabrication de camions, qui très tôt intéressent l'armée. Il sort son premier camion, un 2 tonnes à roues cerclées de fer et à frein à sabots comme sur les charrettes hippomobiles. Puis, la gamme s’étoffe avec des utilitaires de 1,5 à 5 tonnes.

En 1907, le constructeur américain de locomotives ALCO, désirant se lancer dans la construction automobile, achète à Berliet, pour 500 000 francs, la licence de fabrication de ses voitures. Avec cette somme, il peut agrandir son usine de Lyon. A la suite de cette transaction fructueuse, le sigle de la marque Berliet se transforme en une locomotive stylisée.

En 1912, après des stages d'ingénieurs aux États-Unis, Marius Berliet taylorise l'entreprise de Monplaisir. La même année, il fournit deux autobus aux Omnibus et Tramways de Lyon.

Durant la Première Guerre mondiale, Marius Berliet obtient de très nombreuses commandes de guerre, en particulier des dizaines de milliers de camions, comme les très robustes CBA, qui alimentent le front, en particulier le long de la Voie sacrée vers Verdun.

En 1915, afin de répondre aux commandes croissantes de camions militaires, il installe ses usines sur un grand terrain à cheval sur les communes de Vénissieux et Saint-Priest. Ce grand complexe sera en développement permanent jusqu'en 1939.

Dans la période d'entre deux guerres, Berliet connait des difficultés financières mais s'en sort grâce aux banques, à la fabrication d'automobiles, de camions, d'autocars et de ses propres carrosseries.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Berliet porte son effort sur la fabrication de camions « gazobois » adaptés aux restrictions de matières premières imposées par l'occupation allemande et utilisant le bois comme carburant.

À la Libération, les usines Berliet sont mises sous séquestre car on reproche à Marius Berliet d'avoir servi l'Allemagne, en fabriquant des camions pour l'armée allemande et en "ignorant" la Résistance.

Marius Berliet et deux de ses fils, Paul directeur de l'entreprise, et Jean, chef du personnel, sont arrêtés et jugés en juin 1946. Ils sont frappés d'indignité nationale, condamnés à de lourdes amendes et à de la prison. L'entreprise est nationalisée. Le contrôle de l'entreprise est rendu à la famille suite à un jugement du Conseil d'État qui en 1949 a annulé le jugement de 1946.

Marius Berliet décède en 1949.

La Dauphine 2l de 1937, dernière voiture produite par les usines Berliet